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Gioacchino Rossini

La petite messe solennelle

A soixante-quinze ans, plus de trente ans après avoir pris sa retraite officielle, Rossini se lance dans l'aventure d'une messe pour quatre solistes (soprano, alto, ténor, basse), choeur mixte, deux pianos et harmonium.
Il l'écrit à Passy en 1863, à la demande du comte Pillet-Will, pour son épouse la comtesse Louise.

La Petite messe solennelle est le véritable testament musical de Rossini, puisqu'elle ne fut suivie que par quelques pièces parfois de circonstance. Il y a mis toute sa science, toute sa ferveur, toute son audace aussi.

La "petite" messe est aussi une raillerie irrévérencieuse du sacré.
Elle est considérée par l'auteur lui-même comme "le dernier péché mortel de [sa] vieillesse" en référence à la célèbre série de pièces de chambre qu'il composa en sa retraite de Passy et qui furent rassemblées, en plusieurs cahiers, sous le titre de Péchés de vieillesse.

Comme pour se faire pardonner d'avoir négligé le Créateur dans une bonne partie de son ½uvre féconde, il adresse à ce dernier une dédicace en forme de boutade :

"Bon Dieu ; la voilà terminée, cette pauvre petite messe.
Est-ce bien de la musique sacrée que je viens de faire, ou bien de la sacrée musique ?
J'étais né pour l'opera buffa, tu le sais bien ! Peu de silence, un peu de coeur, tout est là. Sois donc béni et accorde-moi le Paradis".